Q&R : Accès aux Écritures dans le monde 2022

Bienvenue dans notre nouvelle version des statistiques d'accès aux Écritures pour 2022 ! Nous avons apporté quelques changements dans la présentation et le formatage cette année, afin de rendre les statistiques plus faciles à comprendre et à utiliser.

Q : D'où viennent ces statistiques ?

R :Les présentations de l'Alliance Mondiale Wycliffe sur les statistiques mondiales d'accès aux Écritures sont établies chaque année à partir des données fournies via ProgressBible par les organisations de l'Alliance, SIL International, les Sociétés bibliques unies et de nombreux autres partenaires. Les données sont à jour au 1er septembre 2022 et sont basées sur les informations les plus récentes sur les utilisateurs de langue maternelle disponibles dans l'Ethnologue du SIL.

 

Q : Quel est le changement le plus notable dans la présentation cette année ?

R : Les langues n'ont pas besoin des Écritures. Les gens ont besoin des Écritures. L'objectif de la traduction de la Bible est de transformer des vies. Par conséquent, nous mettons l'accent sur le nombre et le pourcentage de personnes touchées par les mouvements mondiaux de traduction de la Bible, ainsi que sur le nombre de langues.

Selon les dernières informations disponibles dans l'Ethnologue du SIL, 7,36 milliards de personnes utilisent les 7 388 langues connues dans le monde. Cependant, les statistiques sur les utilisateurs de langues ont tendance à être en retard sur les statistiques démographiques réelles en raison des difficultés de collecte et de mise à jour des informations. La population mondiale devrait atteindre 8 milliards d'habitants d'ici novembre 2022. Pour des raisons de concordance statistique, nous avons utilisé le chiffre le plus petit de l'Ethnologue. Ainsi, les pourcentages de la population mondiale sont indiqués par « jusqu'à… » plutôt que par un nombre exact.

 

Q : Qui a besoin des Écritures dans sa langue maternelle ?

R : Chacun doit avoir accès à l'intégralité de la Bible dans une langue qu'il comprend clairement et qui parle à son cœur et à son esprit. Il s'agit généralement de leur langue maternelle, bien que certaines personnes grandissent en parlant plusieurs langues dans lesquelles elles peuvent facilement échanger.

 

Q : Dans quelles langues une traduction des Écritures est-elle nécessaire ?

R : Une partie des Écritures est disponible dans des milliers de langues, mais il en faut davantage. Le travail se fait en ce moment même pour bon nombre de ces langues. D'autres langues en sont aux premières étapes de leurs premiers projets de traduction de la Bible – ce qui signifie que les gens sont sur le point de recevoir les Écritures pour la première fois !

Un groupe distinct de 1 680 langues est appelé « Besoin que la traduction de la Bible commence ». Il s'agit de 128,8 millions de personnes ne disposant ni des Écritures ni d'un travail de traduction en cours, mais d'un besoin identifié.

 

Q : Pourquoi avoir changé le total des langues pour lesquelles on ne trouve « aucune trace des Écritures » ?

R : Comme cette catégorie était quelque peu vague, nous l'avons divisée en trois catégories plus spécifiques :

    • Travail initial en cours (mais pas encore de traductions des Écritures) ;
    • Besoin que la traduction de la Bible commence, et
    • « Pas d'Écritures, probablement pas de besoin ».

 

Q : Comment pouvons-nous dire que certaines langues n'ont pas besoin de traduction de la Bible ?

R : Depuis 1999, nombreux sont ceux qui, au sein du mouvement de traduction de la Bible, parlent de l'objectif d'« un projet de traduction de la Bible en cours pour chaque groupe de population le nécessitant ». Tous les peuples comptent pour Dieu, et chacun a besoin de la Parole de Dieu dans sa propre langue. 1 155 langues, avec 10,3 millions d'utilisateurs (environ un dixième de 1 %), sont considérées comme n'ayant pas besoin de traduction de la Bible. Dans la plupart des cas, les gens parlent une autre langue dans laquelle il existe déjà au moins une partie des Écritures. Même les langues utilisées par des centaines ou des milliers de locuteurs connaissent souvent une nette évolution, la génération suivante étant plus à l'aise dans une « langue de grande diffusion ». Parfois, leur langue maternelle disparait complètement de l'usage.

 

Q : Comment l'Alliance Mondiale Wycliffe s'inscrit-elle dans tout cela ?

R : Le monde évolue. Le monde a besoin du Christ et cela ne change pas. Les mouvements de traduction de la Bible dans le monde entier continuent de s'adapter de manière créative grâce à de nouveaux partenariats et à des innovations. Plus de 100 organisations de l'Alliance Mondiale Wycliffe sont au service de l'Église mondiale, participant à la mission de Dieu par la traduction de la Bible et les ministères connexes. Travaillant dans le cadre de partenariats communautaires, le personnel de l'Alliance contribue non seulement à la réalisation des objectifs liés aux Écritures, mais aussi à la production de ressources pour l'alphabétisation, l'éducation, la santé et d'autres objectifs communautaires en parallèle aux Écritures.

 

Pour en savoir plus sur le travail de l'Alliance Mondiale Wycliffe, consultez le site wycliffe.net.

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Statistiques sur l'accès aux Écritures 2022

01/2024 Amériques

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11/2023 Afrique

Comment CABTAL a achevé neuf Nouveaux Testaments dans des régions déchirées par la violence

Le travail de traduction a failli cesser dans certaines parties du Cameroun, à cause d'une crise sociopolitique qui a tué environ 6 000 personnes depuis 2017. Mais, même pendant qu'ils fuyaient pour sauver leur vie, les traducteurs ont continué à rédiger les Saintes Écritures dans leur langue. Isaac Genna Forchie, membre du personnel de CABTAL et natif de la région de Bamenda dans le nord-ouest du Cameroun, s'est rendu dans certaines des régions affectées pour recueillir des récits de première main des équipes de traduction. Jesse Ganglah « Nous étions en train d'enregistrer le récit de Pâques en langue Lus, quand nous avons entendu que les soldats arrivaient », se souvient Jesse Ganglah, facilitateur de cluster travaillant avec l'Association Camerounaise pour la Traduction de la Bible et l'Alphabétisation (CABTAL). « À ce moment-là, tout le monde fuyait le village parce que des soldats en colère n'avaient pas le temps de faire la différence entre les séparatistes et les civils. » « Tout le monde courait le risque d'être abattu. J'ai vu des gens avec leur matelas, leur natte, leurs affaires et des enfants s'enfuir dans la brousse et traverser vers le Nigeria. Ils ont oublié leur ordinateur, mais un traducteur brava le danger pour retourner le chercher. » C'est un des nombreux récits qui racontent comment les traducteurs de la Bible dans le Cameroun anglophone du nord-ouest et sud-ouest ont géré une crise sociopolitique violente qui a presque fait cesser le travail de traduction. Contre toute attente, ils ont achevé neuf Nouveaux Testaments au cours des deux dernières années. Au sujet de la violence Les troubles civils actuels ont commencé quand les avocats et les professeurs anglophones ont abandonné leurs outils en octobre 2016, protestant contre ce qu'ils appellent « une tentative délibérée » du gouvernement central d'éradiquer deux de leurs valeurs culturelles fondamentales : le droit coutumier anglais et le sous-système éducatif anglo-saxon. Le gouvernement a riposté par une répression violente de la dissidence. Cela a causé une intensification des tensions et plus d'affrontements alors qu'un mouvement séparatiste a vu le jour. La situation a dégénéré en conflit armé qui persiste encore, qui a causé la mort de 6 000 personnes environ et déplacé plus de 765 000 autres. 70 000 d'entre elles étaient des réfugiés dans le Nigeria voisin, parmi lesquels des traducteurs qui ont fui avec leur ordinateur. Certains ont été confrontés, en plus, à la menace de Boko Haram. Un des projets qui s'est trouvé confronté à la crise était le ngwo, langue parlée dans le nord-ouest du Cameroun. « Parce qu'on n'a pas terminé notre tâche un jour en 2017, on a décidé d'emmener notre ordinateur à la maison », se souvient Siphra Nde. Cela a été la raison pour laquelle leur ordinateur a été préservé. « Comme on partait, toute la place du marché, y compris le bureau du projet, a été mise à feu. » « C'était le dernier jour que nous utilisions le bureau », dit-elle. Alors que d'autres ont fui dans la nature pour leur sécurité, c'était encore plus difficile pour Nde, 54 ans, qui vivait avec ses enfants et ses parents âgés. Le lendemain, ils ont marché à travers la brousse vers un lieu proche de la capitale régionale de Bamenda. « Nous avons imploré CABTAL et ils ont envoyé une voiture qui nous a transportés en sécurité à Bamenda », dit Nde. « Nous avons marché plus de dix heures. Nous sommes arrivés à Bamenda avec le choc d'être confrontés à un autre défi : nulle part où dormir. » Son cousin l'a hébergée pendant deux semaines avant qu'elle ne loue une petite chambre où elle, les enfants et ses parents âgés ont vécu pendant plusieurs années. Siphra Nde Le travail en pleine fusillade Sous la menace d'une arme, d'autres tels que Protus Effange ont dû prouver qu'ils étaient seulement des traducteurs de la Bible et pas des espions. « Êtes-vous sûrs que vous faites l'œuvre de Dieu ? », demandèrent les tireurs au traducteur de bakwere. « Le quartier de notre bureau près de Muea est devenu un champ de bataille pour les séparatistes et les soldats », dit Effrange. Les activités d'alphabétisation et d'engagement des Saintes Écritures touchèrent presque à leur fin. « Je me souviens qu'une fois nous avions un certain atelier », dit Effrange. « Nous nous étions réunis et avions prié, et nous étions sur le point de commencer et nous avons entendu des coups de feu assourdissants qui nous ont dispersés. »  Protus Effange  Privés de la Parole de Dieu Étant donné que la traduction de la Bible est une tâche complexe et difficile qui demande du dévouement, de l'expertise et de la collaboration, des crises comme celles-ci dans le monde posent une menace grave. La violence, le déplacement, l'insécurité, le manque de ressources et de communication peuvent retarder, interrompre ou annuler des projets. Cela a privé des millions de personnes de l'accès à la Parole de Dieu dans leur propre langue. En 2020, environ 30 projets de traduction ont été interrompus dans le Nigeria voisin à cause du terrorisme. Ailleurs, la guerre entre l'Ukraine et la Russie continue de poser un grand danger à la traduction dans les anciens pays soviétiques.  De nouveaux défis suscitent l'innovation Des défis similaires ont provoqué le même effet au Cameroun, mais cela a poussé CABTAL à réfléchir en dehors du cadre.  « Avant la crise, les traducteurs étaient capables de voyager librement entre les communautés pour rédiger les Saintes Écritures sans peur, les agents d'alphabétisation circulaient facilement, et les consultants pouvaient se rendre dans les communautés. Mais tout a changé soudainement », dit Emmanuel Keyeh, Directeur général de CABTAL. « Il est devenu difficile pour les gens de même se réunir en un même lieu. » Cela a causé de l'incertitude. Mais, on a évité le pire comme CABTAL a aidé les traducteurs qui ont fui avec leur ordinateur et leur brouillon vers des régions plus sûres et vers le Nigeria voisin. « Nous avons déménagé certains vers des régions où ils pouvaient avoir accès à des consultants en traduction », dit Keyeh. L'accès aux besoins de base est devenu un défi. « CABTAL nous a donné quelques sacs de riz et de l'argent en plus pour notre entretien », dit Siphra Nde. Elle pouvait alors continuer à rédiger le Nouveau Testament en ngwo. Les activités d'alphabétisation, avant traditionnelles, ont pris une nouvelle forme. « Nous encourageons les communautés à participer à l'alphabétisation urbaine et numérique », dit Keyeh. Quand les écoles furent fermées, les professeurs d'alphabétisation en ngwo ont suivi les apprenants dans les églises et dans leurs cachettes, où l'enseignement et l'apprentissage continuaient. Dr Emmanuel Keyeh Lufang Des fruits qui donnent espoir À l'instar des équipes de ngwo et de bakwere, les langues mankon, ngie, moghamo, essimbi, mmen, esu et weh ont eu leur expérience unique. Mais, leur grand espoir est dans le Nouveau Testament récemment terminé dans ces langues, qui a été mis en page et envoyé à l'impression. Les communautés collectent maintenant des fonds et mobilisent pour l'engagement. Avant sa mort l'an dernier, leur vénéré dirigeant traditionnel mankon, Fon Angwafo III, reçu la copie des traducteurs avec joie. « Il le présenta aux pasteurs et nous donna un lopin de terre pour construire un centre d'alphabétisation où nous pourrions aussi traduire l'Ancien Testament », dit Margaret Ndenge, traductrice mankon. L'équipe bakwere espère obtenir un impact formidable. Un des traducteurs se souvient comment ils ont rendu visite à un gardien de leur langue âgé. « Il était aussi malade, mais nous voulions qu'il écoute et qu'il confirme le naturel d'une portion des Saintes Écritures que nous avions traduit », dit Protus Effange. Le gardien invita tous ses enfants et petits-enfants à la session. « Tandis que je lisais, j'ai vu des larmes couler de ses yeux. Je me suis arrêté et lui ai demandé si les douleurs s'aggravaient. Il répondit : "Vous lisez dans mon cœur". » L'homme qui ne pouvait pas se tenir droit, se leva soudainement et alla accompagner les traducteurs quand ils repartaient. Effange attend avec impatience l'impact que le Nouveau Testament en entier devrait avoir sur sa communauté. Une première date d'inauguration a été choisie, mais a été plus tard repoussée parce que leur Nouveau Testament n'est pas arrivé comme initialement prévu. « Il nous semble étrange que, même avec la situation sociopolitique, la productivité a assez augmenté », dit Keyeh, Directeur général de CABTAL. Il ajoute que l'innovation a donné l'opportunité aux gens de la diaspora d'apprendre à lire et à écrire leur langue, que ce soit virtuellement ou en personne. « Les défis se sont présentés, mais avec les ajustements, nous voyons des résultats assez exceptionnels de ce que Dieu fait dans ces communautés. » L'équipe mfumte a continué à traduire leur Nouveau Testament dans ce bâtiment gracieusement donné par une église dans le Magba voisin. ••• Légende des photos : (Crédits photographiques : Isaac Genna Forchie) Les organisations de l'Alliance peuvent télécharger et utiliser les images de cet article.


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