La générosité de Dieu - Papouasie Nouvelle Guinée

Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Photo : clipart-library.com

Persistance et provision : Dieu trace un chemin 

Les traducteurs de Tawala à Milne Bay, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, avaient besoin de nouveaux ordinateurs portables afin de poursuivre leur travail après avoir consacré plusieurs années à la traduction de l'Ancien Testament. Leur chef d'équipe, Micah Naugo, était au courant des fonds alloués par le gouvernement aux églises et aux projets qui leur sont liés. Micah a donc écrit, en novembre 2022, des lettres au bureau du gouverneur de la province et au bureau de son député pour demander une aide financière afin d'acheter de nouveaux ordinateurs. La fin de l'année approchant, on lui a dit de revenir au Nouvel An. Micah a relancé ses courriers sans relâche, dans l'espoir d'une réponse positive. 

En avril 2023, Micah se rend à nouveau au bureau du député d'Alotau. Il avait cette fois avec lui un devis du magasin d'informatique pour deux ordinateurs portables et leurs accessoires. L'officier chargé de l'assister l'a écouté, puis lui a demandé à quoi servirait l'ordinateur. Ce matin-là, en quittant son domicile, Micah décide de prendre sa tablette. À la question de l'officier sur l'utilisation de l'ordinateur, Micah sort sa tablette, ouvre le programme Paratext et lui fait une démonstration du processus de traduction. Ce dernier était très impressionné et, sans poser d'autres questions, il a émis un chèque. Le montant du chèque correspondait exactement au devis établi par le magasin d'informatique pour deux ordinateurs portables et leurs accessoires. Il l'a remis à Micah. Ce jour-là, Micah est retourné au village et auprès de son équipe avec deux nouveaux ordinateurs portables. 

Micah suit toujours son second courrier adressé au bureau du gouverneur pour obtenir deux ordinateurs supplémentaires destinés aux traducteurs. L'équipe de traduction de Tawala compte plus de dix personnes et travaille à la révision du Nouveau Testament (NT) et à la traduction de l'Ancien Testament (AT). Micah a précisé que l'équipe avait besoin de matériel adéquat afin de poursuivre le travail de traduction rapidement. Leur objectif est d'achever la révision du NT et la traduction de l'AT à temps en vue du lancement de la version intégrale de la Bible Tawala en 2025. Grâce à sa fidélité à saisir cette opportunité de financement spécial du gouvernement, l'équipe de Tawala a bénéficié de la générosité de Dieu qui lui a fourni l'équipement dont elle avait besoin pour continuer à réaliser son objectif.

Un simple appel à la générosité permet de lancer un projet de traduction. 

En octobre 2022, l'Association de traduction biblique de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNGBTA) a lancé son premier Festival d'évangélisation linguistique. La Papouasie-Nouvelle-Guinée abrite 12 % des langues du monde. Le festival a été l'occasion de célébrer et de remercier Dieu par des chants et des danses pour les plus de 800 langues dont il a gratifié le pays. Au cours de cet événement, les partenaires locaux et internationaux ont été invités à investir dans le plan stratégique de PNGBTA visant à mettre en place 20 nouveaux projets de traduction de la Bible au cours des cinq prochaines années. Un jeune avocat de Papouasie-Nouvelle-Guinée a été l'un des premiers à répondre à cette invitation à atteindre des langues encore privées des Écritures. La communauté linguistique de Matsugan, à Bougainville, a reçu ce don pour commencer la traduction de la Bible. 

Son don financier a permis au personnel de traduction de la PNGBTA d'organiser un atelier sur Jonas pour le peuple Matsugan en mai. L'atelier a rassemblé quinze personnes de quatre églises de la communauté linguistique de Matsugan, qui ont pu se familiariser avec les principes de la traduction et les étapes du processus de traduction de la Bible. La communauté a travaillé ensemble afin de soutenir l'atelier pendant deux semaines en fournissant un logement, des repas et d'autres formes d'assistance pratique. Grâce à la générosité d'une personne qui a partagé les bénédictions que Dieu lui a accordées et à la générosité des membres de la communauté, les Matsugan disposent désormais de 25 exemplaires du Livre de Jonas pour commencer à traduire la Parole de vie dans leur langue maternelle. 

 

01/2024 Amériques

Raconter l'histoire de la Bible

Cela peut surprendre qu'un musée fasse partie des organisations de l'Alliance Mondiale Wycliffe. Mais les responsables du musée Maná partagent la même passion pour inspirer les gens à explorer la Bible, son histoire et sa théologie.

Lire la suite

12/2023 Asie, Philippines

Voir Dieu à travers le prisme de l'Ancien Testament

Ayant achevé avec succès le Nouveau Testament en 2009, les Kinaray-a, en partenariat avec l'Association des traducteurs des Philippines, découvrent Dieu davantage tandis qu'ils traduisent l'Ancien Testament.

Lire la suite

11/2023 Afrique

Comment CABTAL a achevé neuf Nouveaux Testaments dans des régions déchirées par la violence

Le travail de traduction a failli cesser dans certaines parties du Cameroun, à cause d'une crise sociopolitique qui a tué environ 6 000 personnes depuis 2017. Mais, même pendant qu'ils fuyaient pour sauver leur vie, les traducteurs ont continué à rédiger les Saintes Écritures dans leur langue. Isaac Genna Forchie, membre du personnel de CABTAL et natif de la région de Bamenda dans le nord-ouest du Cameroun, s'est rendu dans certaines des régions affectées pour recueillir des récits de première main des équipes de traduction. Jesse Ganglah « Nous étions en train d'enregistrer le récit de Pâques en langue Lus, quand nous avons entendu que les soldats arrivaient », se souvient Jesse Ganglah, facilitateur de cluster travaillant avec l'Association Camerounaise pour la Traduction de la Bible et l'Alphabétisation (CABTAL). « À ce moment-là, tout le monde fuyait le village parce que des soldats en colère n'avaient pas le temps de faire la différence entre les séparatistes et les civils. » « Tout le monde courait le risque d'être abattu. J'ai vu des gens avec leur matelas, leur natte, leurs affaires et des enfants s'enfuir dans la brousse et traverser vers le Nigeria. Ils ont oublié leur ordinateur, mais un traducteur brava le danger pour retourner le chercher. » C'est un des nombreux récits qui racontent comment les traducteurs de la Bible dans le Cameroun anglophone du nord-ouest et sud-ouest ont géré une crise sociopolitique violente qui a presque fait cesser le travail de traduction. Contre toute attente, ils ont achevé neuf Nouveaux Testaments au cours des deux dernières années. Au sujet de la violence Les troubles civils actuels ont commencé quand les avocats et les professeurs anglophones ont abandonné leurs outils en octobre 2016, protestant contre ce qu'ils appellent « une tentative délibérée » du gouvernement central d'éradiquer deux de leurs valeurs culturelles fondamentales : le droit coutumier anglais et le sous-système éducatif anglo-saxon. Le gouvernement a riposté par une répression violente de la dissidence. Cela a causé une intensification des tensions et plus d'affrontements alors qu'un mouvement séparatiste a vu le jour. La situation a dégénéré en conflit armé qui persiste encore, qui a causé la mort de 6 000 personnes environ et déplacé plus de 765 000 autres. 70 000 d'entre elles étaient des réfugiés dans le Nigeria voisin, parmi lesquels des traducteurs qui ont fui avec leur ordinateur. Certains ont été confrontés, en plus, à la menace de Boko Haram. Un des projets qui s'est trouvé confronté à la crise était le ngwo, langue parlée dans le nord-ouest du Cameroun. « Parce qu'on n'a pas terminé notre tâche un jour en 2017, on a décidé d'emmener notre ordinateur à la maison », se souvient Siphra Nde. Cela a été la raison pour laquelle leur ordinateur a été préservé. « Comme on partait, toute la place du marché, y compris le bureau du projet, a été mise à feu. » « C'était le dernier jour que nous utilisions le bureau », dit-elle. Alors que d'autres ont fui dans la nature pour leur sécurité, c'était encore plus difficile pour Nde, 54 ans, qui vivait avec ses enfants et ses parents âgés. Le lendemain, ils ont marché à travers la brousse vers un lieu proche de la capitale régionale de Bamenda. « Nous avons imploré CABTAL et ils ont envoyé une voiture qui nous a transportés en sécurité à Bamenda », dit Nde. « Nous avons marché plus de dix heures. Nous sommes arrivés à Bamenda avec le choc d'être confrontés à un autre défi : nulle part où dormir. » Son cousin l'a hébergée pendant deux semaines avant qu'elle ne loue une petite chambre où elle, les enfants et ses parents âgés ont vécu pendant plusieurs années. Siphra Nde Le travail en pleine fusillade Sous la menace d'une arme, d'autres tels que Protus Effange ont dû prouver qu'ils étaient seulement des traducteurs de la Bible et pas des espions. « Êtes-vous sûrs que vous faites l'œuvre de Dieu ? », demandèrent les tireurs au traducteur de bakwere. « Le quartier de notre bureau près de Muea est devenu un champ de bataille pour les séparatistes et les soldats », dit Effrange. Les activités d'alphabétisation et d'engagement des Saintes Écritures touchèrent presque à leur fin. « Je me souviens qu'une fois nous avions un certain atelier », dit Effrange. « Nous nous étions réunis et avions prié, et nous étions sur le point de commencer et nous avons entendu des coups de feu assourdissants qui nous ont dispersés. »  Protus Effange  Privés de la Parole de Dieu Étant donné que la traduction de la Bible est une tâche complexe et difficile qui demande du dévouement, de l'expertise et de la collaboration, des crises comme celles-ci dans le monde posent une menace grave. La violence, le déplacement, l'insécurité, le manque de ressources et de communication peuvent retarder, interrompre ou annuler des projets. Cela a privé des millions de personnes de l'accès à la Parole de Dieu dans leur propre langue. En 2020, environ 30 projets de traduction ont été interrompus dans le Nigeria voisin à cause du terrorisme. Ailleurs, la guerre entre l'Ukraine et la Russie continue de poser un grand danger à la traduction dans les anciens pays soviétiques.  De nouveaux défis suscitent l'innovation Des défis similaires ont provoqué le même effet au Cameroun, mais cela a poussé CABTAL à réfléchir en dehors du cadre.  « Avant la crise, les traducteurs étaient capables de voyager librement entre les communautés pour rédiger les Saintes Écritures sans peur, les agents d'alphabétisation circulaient facilement, et les consultants pouvaient se rendre dans les communautés. Mais tout a changé soudainement », dit Emmanuel Keyeh, Directeur général de CABTAL. « Il est devenu difficile pour les gens de même se réunir en un même lieu. » Cela a causé de l'incertitude. Mais, on a évité le pire comme CABTAL a aidé les traducteurs qui ont fui avec leur ordinateur et leur brouillon vers des régions plus sûres et vers le Nigeria voisin. « Nous avons déménagé certains vers des régions où ils pouvaient avoir accès à des consultants en traduction », dit Keyeh. L'accès aux besoins de base est devenu un défi. « CABTAL nous a donné quelques sacs de riz et de l'argent en plus pour notre entretien », dit Siphra Nde. Elle pouvait alors continuer à rédiger le Nouveau Testament en ngwo. Les activités d'alphabétisation, avant traditionnelles, ont pris une nouvelle forme. « Nous encourageons les communautés à participer à l'alphabétisation urbaine et numérique », dit Keyeh. Quand les écoles furent fermées, les professeurs d'alphabétisation en ngwo ont suivi les apprenants dans les églises et dans leurs cachettes, où l'enseignement et l'apprentissage continuaient. Dr Emmanuel Keyeh Lufang Des fruits qui donnent espoir À l'instar des équipes de ngwo et de bakwere, les langues mankon, ngie, moghamo, essimbi, mmen, esu et weh ont eu leur expérience unique. Mais, leur grand espoir est dans le Nouveau Testament récemment terminé dans ces langues, qui a été mis en page et envoyé à l'impression. Les communautés collectent maintenant des fonds et mobilisent pour l'engagement. Avant sa mort l'an dernier, leur vénéré dirigeant traditionnel mankon, Fon Angwafo III, reçu la copie des traducteurs avec joie. « Il le présenta aux pasteurs et nous donna un lopin de terre pour construire un centre d'alphabétisation où nous pourrions aussi traduire l'Ancien Testament », dit Margaret Ndenge, traductrice mankon. L'équipe bakwere espère obtenir un impact formidable. Un des traducteurs se souvient comment ils ont rendu visite à un gardien de leur langue âgé. « Il était aussi malade, mais nous voulions qu'il écoute et qu'il confirme le naturel d'une portion des Saintes Écritures que nous avions traduit », dit Protus Effange. Le gardien invita tous ses enfants et petits-enfants à la session. « Tandis que je lisais, j'ai vu des larmes couler de ses yeux. Je me suis arrêté et lui ai demandé si les douleurs s'aggravaient. Il répondit : "Vous lisez dans mon cœur". » L'homme qui ne pouvait pas se tenir droit, se leva soudainement et alla accompagner les traducteurs quand ils repartaient. Effange attend avec impatience l'impact que le Nouveau Testament en entier devrait avoir sur sa communauté. Une première date d'inauguration a été choisie, mais a été plus tard repoussée parce que leur Nouveau Testament n'est pas arrivé comme initialement prévu. « Il nous semble étrange que, même avec la situation sociopolitique, la productivité a assez augmenté », dit Keyeh, Directeur général de CABTAL. Il ajoute que l'innovation a donné l'opportunité aux gens de la diaspora d'apprendre à lire et à écrire leur langue, que ce soit virtuellement ou en personne. « Les défis se sont présentés, mais avec les ajustements, nous voyons des résultats assez exceptionnels de ce que Dieu fait dans ces communautés. » L'équipe mfumte a continué à traduire leur Nouveau Testament dans ce bâtiment gracieusement donné par une église dans le Magba voisin. ••• Légende des photos : (Crédits photographiques : Isaac Genna Forchie) Les organisations de l'Alliance peuvent télécharger et utiliser les images de cet article.


Lire la suite